(1949-), designer français.
Né à Paris, Philippe Starck a permis au design français d'acquérir, dans les années quatre-vingt, une reconnaissance internationale. Avec lui, le designer devient «star». Un statut qui convient parfaitement à un homme qui se dit autodidacte, en dépit de sa formation à l'école Camondo (1968), et qui clame haut et fort son ambition de produire des objets populaires.
Sa notoriété - unique dans le milieu du design - date des années 1982-1984 lorsqu'il réalise coup sur coup des aménagements intérieurs prestigieux. La décoration des appartements privés de l'Élysée et celle du café Costes - aujourd'hui disparu - pour lesquels il conçoit également du mobilier, lui valent d'être sollicité par les plus grands fabricants industriels. En collaborant avec eux, Philippe Starck satisfait son ambition, prônant une diffusion de masse pour des produits beaux mais bon marché.
C'est pour Starck l'occasion de triompher dans le design industriel. Aucun domaine ne lui échappe. Directeur artistique chez Thomson, il contribue à renouveler l'esthétique des télévisions et des radios-réveils. Pour Aprilia, il crée la Moto 6,5. Les objets qu'il dessine obtiennent un succès public immédiat : un presse-agrumes pour Alessi, une brosse à dents pour Fluocaril, du mobilier urbain pour J.-C. Decaux ou des lunettes ultra-sophistiquées pour le fabricant Mikli, etc. La liste de ses créations ne se compte plus. La diversité des objets qu'il conçoit n'exclut cependant pas une grande cohérence. Pureté des lignes, goût pour les matières plastiques, variété des couleurs deviennent sa signature, reconnaissable au premier coup d'oil.
Esprit polyvalent et infatigable, il s'intéresse progressivement à la construction mais de manière encore imprévisible. À une maison en kit à acheter par correspondance répondent, à partir des années quatre-vingt-dix, des édifices spectaculaires comme le Asahi Building (1990) à Tokyo, bâtiment de granit noir surmonté d'une corne dorée. En 1998, Philippe Starck invente les «Good good's» qu'il définit comme des «non-objets pour des non-consommateurs». Insolites et écologiques, ces objets, «honnêtes, responsables et respectueux de la personne», diffusés par La Redoute, révèlent un créateur à l'esprit ludique et omnipotent. Car Philippe Starck fait exploser les limites habituelles du design. Il ne se limite plus à la production de mobilier et d'objets, il fabrique également des vêtements ou des crèmes de beauté.
Le designer ne se contente plus aujourd'hui de fabriquer du beau : moraliste et militant, il dicte les règles du nouveau et du «bon» design.